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Le ministère de la police générale était une création du Directoire (1), qui, faible et sans cesse attaqué par un grand nombre de mécontens de toutes les opinions, crut trouver dans cette institution une force protectrice de son pouvoir..

Chaque jour les feuilles publiques attaquaient les chefs de l'état, qui n'en avaient qu'une seule où ils pussent se défendre contre leurs ennemis, contre les royalistes et les anarchistes, lesquels , au moyen de leurs journaux et de leurs réunions particulières, exerçaient une véritable influence sur l'esprit public.

Le gouvernement semblait paralysé, et il ne pouvait qu'à peine surveiller toutes ces réunions, dont il était impuissant à réprimer les excès. Jeté au milieu des factions pour les empêcher d'en venir aux

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mains, les tentatives qu'il faisait pour les comprimer , tournaient toujours à son désavantage. La création du ministère de la police générale, devenue nécessaire, ne fut combattue par personne; elle eut l'assentiment presque unanime des deux conseils.

A ce département fut confié l'exécution des lois relatives à la police générale, à la sûreté, à la tranquillité intérieure de l'État; la police des prisons, maisons de justice, de réclusion ; la répression de la mendicité et du vagabondage ; le 'maintien de l'ordre, et les affaires de la haute police.

En 1802, la police générale fut réunie au ministère du grand-juge; mais, par des motifs puisés sans doute dans l'importance des événemens, à la suite de la conspiration royaliste de Georges et de Pichegru, un décret du 10 juillet 1804 rétablit l'ancien . Ininistère, l'investissant de toutes les attributions qu'il avait avant sa suppression. ..

Quatre conseillers - d'état, travaillant avec le ministre, étaient chargés de la correspondance, de la. suite et de l'instruction des affaires relatives aux départemens assignés spécialement à chacun d'eux.

Ce ministère fut réuni à celui de l'intérieur au moment où Fouché était chargé dų dernier de ces portefeuilles.

En 1814, le département de la police se convertit en direction générale, confiée à M. le comte Beugnot. Rétabli en 1815, ce ministère a été définitivement supprimé en 1818, et ses attributions ont été réunies au ministère de l'intérieur.

Le premier ministre de la police a été M. Merlin de Douai, et le dernier M. Decazes.

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quel on a reproché tant de choses, a eu du moins un mérite que personne ne lui conteste, celui de former de bons administrateurs. La police de cette époque était forte, et par conséquent modérée ; c'était de l'arbitraire, si l'on veut, mais de l'arbitraire en grand. On cite, du reste , la correspondance d'Anglès comine remarquable par un ton plein de calme et de justice. Dans un temps où les passions politiques sont assoupies, il est rare de voir les agens de l'autorité publique se livrer à la violence, et c'est principalement par la police que le règne des factions est persécuteur et tracassier.

Le troisième arrondissement de la police comprenait Rome et les départemens d'au-delà des Alpes. On a accusé Anglès d'avoir été un instrument de persécution à l'égard des prêtres italiens, à l'époque de la rupture de Napoléon avec le pape; mais il prou- : va qu'il n'exerçait pas ses fonctions au moment où ces mesures rigoureuses ont été prises. On a compté, sur ses registres, jusqu'à 11,525 lettres par lui écrites dans l'espace de trois ans, aux directeurs de police Dedoulet-d'Auzers, à Turin; Beaumont de Brivazac, à Gênes; Lagarde, à Florence; Norvins Montbreton, à Rome; Malleval, à Civitta-Vecchia..

On a conservé une lettre d'Anglès, datée du 26. février 1814, adressée à M. Lagarde , chargé de la police du grand-duché de Toscane; elle est ainsi conçue :

« La variation de l'esprit public, dans ce pays, et au » milieu des circonstances actuelles, ne peut étonner,

met on comprend combien il est difficile d'en répri»mer les écarts.

» Il faut s'appliquer, cependant, à balancer, par une » influence favorable, les discours malveillans. Vous maurez fait répandre avec soin , dans la Ligurie , les

grands avantages remportés par S. M. l'empereur » sur les armées alliées, à la suite des faits d'armes les » plus brillans dont l'histoire ait conservé le souvenir. » Les ennemis sont en pleine retraite , et les espé►rances les mieux fondées d'une paix honorable » prennent chaque jour plus de consistance. C'est sur »ces événemens qu'il faut appeler l'attention des bons besprits et des hommes dont l'opinion fait autorité ; »c'est à eux qu'il appartient d'éclairer ceux de leurs » compatriotes dont le mauvais esprit chercherait à » causer des désordres , à encourager l'insoumission » aux lois. Si leur influence et vos insinuations ne » suffisaient pas, il serait bon de faire arrêter quel>ques-uns des plus malveillans, et de les diriger » sur Nice, d'où ils recevraient une destination ulté» rieure. De

Un mois après, Napoléon était à l'ile d'Elbe, et Anglès avait un portefeuille.

Anglès vivait donc dans l'obscurité des bureaux, lorsque les événemens de 1814 vinrent l'en faire sortir: le gouvernement provisoire le chargea. par intérim, du ministère de la police générale.

L'acte le plus important de ce haut fonctionnaire pendant sa courte apparition sur l'horizon ministé-.

« EelmineJätka »