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Librairie GUILLAUMIN et C°, rue Richelieu, 14.

JOURNAL DES ÉCONOMISTES

REVUE DE LA SCIENCE ÉCONOMIQUE ET DE LA STATISTIQUE

(Fondé en 1841.)

Paraît le 15 de chaque mois par livraisons de dix à douze feuilles (189 à 192 pages), format grand in-8, dit grand raisin, ren fermant la matière d'un volume in-8 ordinaire.

Chaque trimestre forme un volume et l'Année entière quatre beaux volumes.

CONDITIONS DE L'ABONNEMENT :

36 francs par an et 19 francs pour six mois pour toute la France et l'Algérie. 38 francs par an et 20 fr. pour six mois pour tous les pays de l'Union postale. 44 frančs par an et 22 fr. pour six mois pour les autres pays étrangers.

Pour s'abonner, envoyer un mandat sur la poste, ou sur une maison de Paris.

Les abonnements partent de janvier ou de juillet.
On ne fait pas d'abonnement pour moins de six mois.

On s'abonne : chez tous les principaux libraires de France et de l'Étranger et dans tous les bureaux de poste, sans augmentation de frais.

Bureaux et Rédaction : Librairie GUILLAUMIN, rue Richelieu, 14.

Chaque numéro séparément, 3 francs 30.

COLLECTIONS ET TABLES :

Le prix de la 1re série, comprenant les 12 années de 1812 à 1853, et formant 37 volumes -

grand in-8, est de 366 francs. Le prix de la 2e serie, comprenant les 12 années de 1854 à 1865 inclus, ct formant 48 volumes

grand in-8, est de 432 francs. Le prix de la 3e série, comprenant les 12 années de 1866 à 1876 inclus, et formant 48 volumes

grand in-8, est de 132 francs. Le prix total de la Collection, formant, à la fin de 1884, 161 volumes grand in-8, est donc de

1,482 franes. La collection forme, à elle seule, une Bibliothèque facile à consulter à l'aide de

Tables analytiques et détaillées. Le prix de la Table générale des 24 premières années, 1811 à 1863, est de 20 francs. Le prix des Tables triennales comprenant les 18 années, de 1866 à 1833, est de 10 francs.

Paris. — Typ. A. PARENT, A. DAVY, sucer, imprimeur de la Faculté de médecine;

52, rue Madame et rue Corneille, 3,

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GUILLAUMIN ET Cie, ÉDITEURS De la collection des principaux Économistes, des Écunonistes et Publicistes contemporaine, de la Bibliothèque des sciences morales et politiquos, du Dictionnaire de l'Économie politique, du Dictionnaire universel du commerce et de la Navigation, etc.

Rue Richelieu, 14 2

visi T:1:1

. 208

I. LA LIBERTÉ DU TRAVAIL, par M. A, de Foville..

161 II. QUESTIONS ALGÉRIENNES ET TUNISIENNES, par M. (h. Giomel

176 UI. LE PROJET DE LOI CONCEANANT LA FAILLITE, par M. H. P....

1:2 IV. UN ÉCONOMISTE THÉORICIEN. W. Stanley-Jevons (1833-1882), par MoSR:ffalovich......

201 V. REVUE CRITIQUE DES PUBLICATIONS ÉCONOMIQUES EN LANGUE FRANÇAISE, par M. Rousel.................

213 VI. LES COLONIES NÉERLANDAISES, par M. 11. Meyners d'Estrey, membre de de l'Institut royal des indes néerlandaises, etc...

2:37 VII. DIALOGUES DES MORTS. Montesquieu et Diogène..

248 VIII. BULLETIN. – I. Publications du Journal officiel..

233 II. Rapport et décret relatifs à l'unification du gouvernement de l'lodo-Chine française......

257 III. Conventions franco-anglaises relatives au Canal de Suez, aux Nouvelles-Hébaides et aux lles-sous-le-Vent,..

201 IV. Los Métropo":tains de Londres......

205 V. L'Institut de France. Tableau statistique et anecdotique des cinq. Acadé

mies au 1er juillet 1887. – V. Académie des sciences morales et politiques.

Résumé, par M. Edmond Benaudia....
IX. SOCIÉTÈD'ÉCONOMIE POLITIQUE DE PARIS. – Réunion du 5 novembre 1887.

DISCUSSION : Des Tarifs coloniaux en général et, en particulier. du régime
conimercial de l'Indo-Chine française : OFVRAGES PRÉSENTÉS. Compte
rendu, par M. Charles Letori..

273 X. SOCIETE DE STATISTIQUE DE PARIS. Réunion du 19 octobre 1887. Admis

sion de nouveaux membres COMMUNICATIONS : Participation de la Société à l'Exposition de 1889. La statistique géounétrique. La statistique des biens communaux et des sections de communes

286 XI. COMPTES RENDUS,

La Réforme administrative et le favorilisme, par M. Eug. Aymes, compte rendu par M. E. Lamé-Fleury..

293 Caïn et Abel. Légende basque, par M. J.-8. Lescarret, coinpte rendu. par M. Frédéric Passy ..

299 Histoire générale des traités de prix et autres transactions princ pnles entre

toutes les puissances de l'Europe, depuis la paix de Westphalip, par le comte de Gardeu,- Rabelais légiste, par A. lleuthard. Comptes rendus par 11. E. Renaulig.

239 La Taxation municipale de Baltimore, par Richard T. Ely. Compte rendu, par M. Arthur Balfalovich..

301 La Société anonyme en droit italien. par M. I élix-M. Bing. Compte rendu par M. Joseph Lefort....

305 VII. CHRONIQUE ÉCONOMIQUE. – La cause du scandale du jour. Les Economies

budgétaires. — La conversion des rentes. La situation des Caisses d'épargne L'Economie au service de la prodigalité. L'Upification de l'Indo. Chine. Le traité franco-italien apprécié par le Mémorint nt'Aniens. – Nou. veaux exploits du protectionnisme en Allemagne. Le f ir 7'rte en Angleterre. Le programme de M. Gla.Istone.

Le congrès annuel de l'Associntion bri'annique pour l'arancement des sciences. — L'arbitrage international aux Etats Unis. Le Pape et le socialisme chrétien », — La bière nationale et la bière anti-nationale, par M. G. de M......

306 BIBLIOGRAPHIE ETRANGERE, par M. E. Ronaudin.

314 BIBLIOGRAPHIE ÉCONOMIQUE

3.0

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE ET COMMERCIAL Librairie ROTHSCHILD.

CHEMIN DE FER D'ORLÉANS. Librairie REINWALD.

COMPAGNIE DU GAZ.
Librairie CHALLAMEL.

CHEMIN DE FER P.-L.-M.
Librairie GUILLAUMIN.

DES

ÉCONOMISTES

LA LIBERTÉ DU TRAVAIL

LECON D'OUVERTURE
DU COURS D'ÉCONOMIE INDUSTRIELLE ET DE STATISTIQUE
AU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS

(4 novembre 1887.)

Messieurs, un de nos poètes, qui sait être à la fois très moderne et très classique, vient de nous chanter en beaux vers une vieille et neuve histoire que je vous demande la permission de résumer en simple prose. Cela s'appelle le Forgeron, et le forgeron dont il s'agit n'est autre que Vulcain, l'antique dieu du feu.

Vénus vient de naître, Vénus fille de la ierre, Vénus amie des hommes. Elle entre dans l'Olympe, conduite par Mercure. Le destin veut que, parmi les immortels, elle choisisse un époux. Les candidats ne manquent pas, comme bien vous pensez. Bacchus et Apollon lui font d'abord leur cour :

- « Prends-moi, dit Bacchus. J'aime comme toi les hommes. Je me suis offert pour eux en sacrifice et je les abreuve de mon sang. Je leur verse l'oubli, le courage, la joie... Et j'ai la coupe d'or ciselée par Vulcain. »

« Prends-moi, dit Apollon; c'est moi qui éclaire le monde ; c'est moi qui instruis les peuples. Mes flèches d'or tuent les dragons et les hydres. Et j'ai la lyre, la douce lyre que Vulcain m'a faite. »

« Ne te marie pas, reprend Diane. Fais comme moi. J'ai les joies de la chasse ; j'ai l'empire des forêts. Et j'ai l'arc d'argent, construit

par

Vulcain. » Et Pallas : « Fais comme moi, déesse. Roste fille. J'ai l'ivresse des batailles. Je frappe. Je tue. Et, contre les javelots de l'ennemi, j'ai ma cuirasse que Vulcain a forgée ! »

Mais voilà que Jupiter lui-même se met sur les rangs : « J'ai eu dit-il, d'innombrables épouses; mais choisis-moi, Vénus, et je t'aimerai seule! Je suis le roi de l'Olympe, le vainqueur des Titans, et pour faire trembler le monde, j'ai la foudre, æuvre de Vulcain. » 4° SÉRIE, T. XL. - 15 novembre 1887.

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Toujours Vulcain. Vénus pensive se demande : « Quel est donc ce Vulcain dont ils parlent tous ? Quel est ce dieu hardi, maître et vainqueur du feu ? » Et elle se fait conduire par Mercure chez le for. geron.

« Belle Vénus, dit Vulcain, je suis laid, je suis noir, je suis boiteux : mais tu verras que ma mission est belle. Je suis le grand ouvrier. J'ai eu pitié de Prométhée. J'aime les hommes; je leur ai enseigné les métiers et les arts. Et, pour toi, je viens d'inventer les joyaux. Prends ce diadème, prends ces colliers, prends ces bracelets, ces bagues et cette ceinture... »

L'heure est venue de faire un choix. Jupiter demande à la déesse : « Qui prends-tu pour mari? » Et Vénus répond : « Le Forgeron! »

Ne vous étonnez pas trop, Messieurs, de me voir mettre cette fable au seuil d'un enseignement qui n'aura rien de mythologique. Le symbole en est transparent et il semble que ce soit pour nous que Théodore de Banville a rimé son joli poème.

Car ce que personnifie ce dieu du feu, dont tous les autres dieux ont besoin, ce puissant forgeron qui donne à la force ses armes, à la beauté ses parures, c'est précisément ce qui doit faire ici l'objet de nos études communes : c'est l'industrie, c'est le travail, c'est l'universelle production des choses; «c'est l'ouvrier », en donnant à ce mot son sens le plus large et le plus élevé.

Oui, Messieurs, dans la civilisation moderne, plus encore que sur l'Olympe grec, le travail est l'indispensable agent de la production et du progrès; partout où la force triomphe, partout où la beauté rayonne, à côté de l'art, à côté de la science, à côté du génie luimême, on peut saluer de confiance, même quand il se cache, ce rude Vulcain dont les mains vont changeant peu à peu la face du monde.

Vénus épousant Vulcain, c'est l'Idéal venant vivifier, venant poétiser, venant glorifier le Travail. Et remarquez bien en quoi l'allégorie nouvelle que je résumais tout à l'heure diffère de l'antique légende. L'antiquité méprisait le travail : aussi le dieu du feu, dans Homère, est-il loin de tirer honneur de son union avec la fille des eaux. Notre siècle, au contraire, honore avec raison le travail, et le forgeron de Banville n'est rien moins qu'un Ménélas.

Ce sont, Messieurs, les lois éternelles du travail et les croissantes merveilles de l'industrie humaine que j'ai la mission d'exposer ici. Le titre de cette chaire est double vous le savez : Economie industrielle et Statistique; mais tout cela se tient. L'économie industrielle, c'est la science économique considérée dans ses applications à l'industrie humaine. La statistique, ou, comme on disait autrefois, l'a

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