Page images
PDF

/Af, (JE ut

DIE SCHWEIZER PRESSE

Herax'sgegeben Vom

VEREIN DER SCHWEIZERISCHEN PRESSE

i m

LA PRESSE SUISSE

Publié Par

LA SOCIÉTÉ DE LA PRESSE SUISSE

[ocr errors][merged small][graphic]

Die Redaktionskommission fur das vorliegende Werk ûber die schweizerische Presse spricht den Mitarbeitern fur ihre wertvollen Beitrâge und Aufschlûsse, sowie dein Central-Komitee der schweizerischen Landesausstellung in Genf, der schweizerischen Gesellschaft fur Bibliographie, der eidgenôssischen Post- und Telegraphenverwaltung und den Subskribenten fur die Fôrderung, die sie der Veroffentlichung angedeihen liessen, den wàrmsten Dank aus. Wohl ist sich die Kommission der Lûcken des Bûches bewusst, sie hofft aber, es werde, dank der Hingabe ihrer Mitarbeiter, den beteiligten Kreisen dienlich sein und dem Verein der schweizerischen Presse, der die Herausgabe unternommen hat. zur Ehre gereichen.

La CSommission de rédaction du Livre de la Presse suisse exprime à tous ceux qui lui ont prêté leur appui pour la composition de cet ouvrage ses remerciements les plus chaleureux. Sa reconnaissance s'adresse particulièrement aux collaborateurs de ce volume, à tous ceux qui lui ont fourni de précieux renseignements, enfin au Comité central de l'Exposition nationale, à la Société suisse de Bibliographie, à la Direction fédérale des postes et télégraphes, et aux souscripteurs qui lui ont permis de mener à bien cette publication. Mieux que personne, les membres de la Commission de rédaction sentent les lacunes de ce travail. Tel qu'il est et grâce au dévouement de nos collaborateurs, nous croyons cependant qu'il peut intéresser le public auquel il s'adresse et faire honneur à la Société de la Presse suisse qui lui sert de marraine.

Die Bedaktionskommission: — La Commission de rédaction:
Dr. M. BUhler. Paul Haller. H. Micheli.

Les journalistes suisses ont aussi voulu exposer quelque chose. Non pas qu'ils se tassent des illusions sur l'intérêt que présente leur livre.

Un catalogue des journaux du pays, une statistique, quelques pages d'histoire et de législation, un couplet, l'aveu simple et sans fard de ce que nous sommes et de ce que nous voudrions être, vrai! il n'y a pas là de quoi gagner la foule.

Evidemment, personne ne nous lira.

Pourtant, nous l'avons cru devoir faire ce bouquin qui s'Ira perdre clans quelques bibliothèques publiques et dans quelques bureaux officiels et que, dans les temps futurs, tout au plus feuilletteront les confrères laborieux, soucieux de savoir le passé de leur profession ou quelque érudit patient, en quête d'informations documentées. Nous l'avons fait à nos risques et périls, à nos frais, bien entendu, pour nous-mêmes, pour nous mettre au clair sur notre propre condition, pour connaître d'où nous venons et à quel point nous sommes arrivés après un siècle de travail.

Car ceci est l'histoire de tout juste cent ans. Les plus anciennes de nos feuilles publiques ne remontent guère au delà et celles qui atteignent à cet âge sont une demi-douzaine au plus. Quelques autres ont passé la cinquantaine, mais le grand nombre est de la seconde moitié du siècle. Et si, aujourd'hui, tout citoyen suisse qui se respecte a son journal ou emprunte celui du voisin, ce n'est pas de longtemps que la curiosité publique est ainsi éveillée. Nos pères n'en demandaient pas si long. Ils vivaient sans journal, comme ils vivaient sans médecin et sans dentiste, et n'en étaient probablement pas plus malheureux.

On verra plus loin, dans des résumés bien faits, l'histoire du journal en Suisse et comment, de proche en proche, il est arrivé que maintenant il n'y a pour ainsi dire pas de district dans nos cantons qui n'ait sa gazette.

Tant pis! dira-t-on. C'est depuis lors que tout va si mal!

Soit! Encore faudrait-il s'entendre. D'abord, est-il vraiment démontré que tout aille plus mal? L'Exposition nationale de 1896 n'est pas précisément le fait d'un peuple qui recule. Et à supposer que cela fût, il ne serait pas prouvé que c'est à cause et non pas en dépit de la multiplication des journaux.

Si une mauvaise presse est pour le pays qui s'y adonne un fléau, il n'en est pas de même de la bonne. Et la presse suisse, quoi qu'on en ait. est bonne.

Ce que nous en disons n'est point pour nous vanter. La presse vaut ce que vaut le peuple auquel elle s'adresse et qui la lit. Le peuple suisse est un honnête peuple; il ne souffrirait pas une presse qui ne le fût pas. La vertu nous serait imposée encore que nous n'en tenions point de nous-mêmes.

Et les journalistes en ont plus qu'on ne pense, beaucoup plus que n'en comporte la réputation qu'on leur fait. Nous sommes à cet égard dans la moyenne nationale, ni pires ni meilleurs que la masse. Quand nous en manquons, c'est le plus souvent quand nous épousons les vices ou les passions d'autrui. Nous ne sommes point des méchants, mais les méchants nous contaminent parfois de leur méchanceté. Nous ne sommes pas des ergoteurs, mais les ergoteurs nous obligent souvent à ergoter sur leurs ergoteries. Et quand nous sortons des sentiers étroits — que celui qui se trouve sans péché, nous jette la première pierre! — ce n'est pas spontanément, par nous-mêmes ou pour nous-mêmes, mais entraînés, sollicités par des intérêts qui ne sont pas directement les nôtres ou liés à la fortune d'hommes, de partis ou de programmes dont nous avons trop souvent le tort d'admettre sans contrôle la loyauté et la franchise. Qui saura jamais l'influence démoralisante du politicien sur le journaliste? Ici surtout il convient de rappeler que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs.

J'accepte qu'on reproche au journaliste suisse sa lourdeur et sa pédanterie, qu'on le dise sans esprit et sans gaîté, qu'on cri

« EelmineJätka »