DE DELILLE, PRÉCÉDÉES D'UNE NOTICE SUR SA VIE ET SES OUVRAGES PAR P.-F. TISSOT, PROFESSEUR AU COLLEGE DE FRANCE, ET AUTEUR FURNE, LIBRAIRE ÉDITEUR, QUAI DES AUGUSTINS, N° 39. AVANT-PROPOS'. Le poème de Milton, devenu l'orgueil de l'Angleterre, n'obtint d'abord aucun succès. Le nom de l'auteur était défavorable. Le sujet qu'il avait choisi attirait peu l'attention. Les amis du trône et des lois repoussaient le défenseur fanatique du régicide. Les hommes voluptueux et légers qui peuplaient la cour de Charles II, les beautés célèbres, amusées par les vers galans ou satyriques des Rochester et des Waller, et par les comédies licencieuses de Wicherley, ne pouvaient éprouver du dédain et de l'ennui pour un sujet si grave que et un poème si triste. Le frivole athéisme, qui avait succédé aux fureurs des puritains, l'élégante corruption qui était alors une mode et presque un devoir, jetaient une sorte de dérision sur des chants religieux; et le poète avait contre lui les préventions du vice comme celles de la veru. Cet Avant-Propos est extrait de l'Essai historique sur Milton, par M. Villemain. |